Page:Vauvenargues - Introduction à la connaissance de l'esprit humain 1747.djvu/79

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sa possession, sa grâce, son accroissement ; craindre sa privation, ses déchéances, &c.

Plusieurs philosophes rapportent généralement à l’amour-propre toute sorte d’attachements, ils prétendent qu’on s’approprie tout ce que l’on aime, qu’on n’y cherche que son plaisir & sa propre satisfaction, qu’on se met soi-même avant tout ; jusque-là qu’ils nient que celui qui donne sa vie pour un autre, le préfère à soi. Ils passent le but en ce point car si l’objet de notre amour nous est plus cher sans l’être que l’être sans l’objet de notre amour, il paraît que c’est notre amour qui est notre passion dominante, & non notre individu propre ; puisque tout nous échappe avec la vie, le bien que nous nous étions approprié par notre amour, comme notre être véritable. Ils répondent que la passion nous fait

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