Page:Verhaeren - Poèmes légendaires de Flandre et de Brabant, 1916.djvu/16

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Et les masses successives de ses soldats.

Hélas ! ô Flandre, à cette heure, tu n’as plus guère
Comme lumière
Que la lueur oblique et rouge de la guerre.
Mortes sont tes cités et morts sont tes beffrois.
Tu deviens un pays de plus en plus étroit.
Pourtant, plus on t’opprime et plus ta destinée
Met à se maintenir une force acharnée.
Rien ne peut ni plier ni casser ton vouloir,
Si bien qu’en ces temps noirs
Dût-on ronger encor, douce terre flamande,
Ton sol étreint par le malheur,
Tu resterais quand même et toujours assez grande

Pour nous garder la place où te baiser le cœur !


Émile Verhaeren
1er Octobre 1916