Page:Verhaeren - Poèmes légendaires de Flandre et de Brabant, 1916.djvu/26

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Fit évêque pour qu’il fût grand, même sur terre,

Voyait ainsi son rêve à l’entour de la croix
Fleurir, comme un rinceau de roses tributaires,
Et parfumer l’espace et parer l’avenir.
La mort, dès lors, sans le troubler, pouvait venir
Poser sur son vieux front ses mains de gel et d’ombre
Et sur le bloc de son tombeau marquer le nombre
Et la trace des pas silencieux du temps,
Son cœur se confiait à l’avenir flottant,
Et quand le ciel montrait, au déclin des journées,
Les étoiles jusqu’au zénith échelonnées.
Le saint prétendait voir en leurs groupes de feux,
Comment, selon sa volonté parfaite, Dieu
Disposerait plus tard, aux jardins de la terre,

La floraison en bouquets d’or des monastères.