Page:Verne - Histoire des grands voyages et des grands voyageurs, Hetzel, 1870, tome 1.djvu/52

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pays depuis dix ans. L’heure du repos, cependant, n’était pas encore venue pour lui. Il fut nommé par le pape Grégoire III à un évêché nouvellement créé en Franconie. Il avait quarante et un ans, quand il fut sacré évêque. Pendant quarante-cinq ans encore il occupa son siège épiscopal, et il mourut en l’an 745. En 938, Willibald fut canonisé par le pape Léon VII.

Nous terminerons la liste des voyageurs du premier au neuvième siècle, en citant un certain Soleyman, marchand de Bassorah, qui, parti du golfe Persique, atteignit les confins de l’Asie et débarqua sur les rivages chinois. Ce récit contient deux parties distinctes : l’une rédigée en 851 par Soleyman lui-même, qui fit réellement ce voyage ; l’autre écrite en 878 par un géographe, Abou-Zeyd-Hassan, dans le but de compléter la première. Suivant l’opinion de l’orientaliste Reinaud, ce récit (( a jeté un jour tout nouveau sur les rapports commerciaux qui existèrent au neuvième siècle entre les côtes de l’Égypte, de l’Arabie et des pays riverains du golfe Persique, d’une part, et, de l’autre, les vastes provinces de l’Inde et de la Chine. »

Soleyman, sorti du golfe Persique, après s’être approvisionné d’eau douce à Mascate, visita d’abord la deuxième mer, c’est-à-dire la mer Larevy des Arabes, ou mer d’Oman de la géographie moderne. Il observa d’abord un poisson d’une masse énorme, — probablement un cachalot, — que les navigateurs prudents cherchent à effrayer en sonnant la cloche, puis un requin dans le ventre duquel on en trouva un plus petit,