Page:Verne - Les Tribulations d’un Chinois en Chine.djvu/165

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Cependant, un heureux hasard fit que la Sam-Yep atteignit, sans avaries graves, le centre de ce gigantesque disque atmosphérique, qui couvrait une aire de cent kilomètres. Là se trouvait un espace de deux à trois milles, mer calme, vent à peine sensible. C’était comme un lac paisible au milieu d’un océan démonté.

Ce fut le salut de la jonque, que l’ouragan avait poussée là, à sec de toile. Vers trois heures du matin, la fureur du cyclone tombait comme par enchantement, et les eaux furieuses tendaient à s’apaiser autour de ce petit lac central.

Mais, lorsque le jour vint, la Sam-Yep eût vainement cherché quelque terre à l’horizon. Plus une côte en vue. Les eaux du golfe, reculées jusqu’à la ligne circulaire du ciel, l’entouraient de toutes parts.





CHAPITRE XVIII

où craig et fry, poussés par la curiosité, visitent la cale de la « sam-yep ».


« Où sommes-nous, capitaine Yin ? demanda Kin-Fo lorsque tout péril fut passé.

— Je ne puis le savoir au juste, répondit le capitaine, dont la figure était redevenue joviale.

— Dans le golfe de Pé-Tché-Li ?

— Peut-être.

— Ou dans le golfe de Léao-Tong ?

— Cela est possible.

— Mais où aborderons-nous ?

— Où le vent nous poussera !

— Et quand ?

— Il m’est impossible de le dire.

— Un vrai Chinois est toujours orienté, monsieur le capitaine, reprit Kin-Fo