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IV

UN CONCOURS DE L’AUTOMOBILE-CLUB.


Le mystère du Great-Eyry devait-il être dévoilé un jour par suite d’éventualités difficiles à prévoir… C’était le secret de l’avenir. Y avait-il un intérêt de premier ordre à ce qu’il le fût ?… Aucun doute à ce sujet, puisque la sécurité des habitants de ce district de la Caroline du Nord en dépendait peut-être.

Quoi qu’il en soit, une quinzaine de jours après, alors que j’étais de retour à Washington, l’attention publique fut non moins sollicitée par un fait d’ordre tout différent. Ce fait allait demeurer aussi mystérieux que les phénomènes dont le Great-Eyry venait d’être le théâtre.

Vers le milieu de ce mois de mai, les journaux de la Pennsylvanie portèrent à la connaissance de leurs lecteurs ledit fait qui s’était récemment produit en divers points de l’État.

Depuis quelque temps, sur les routes qui rayonnent autour de Philadelphie, son chef-lieu, circulait un extraordinaire véhicule, dont on ne pouvait reconnaître ni la forme, ni la nature, ni même les dimensions, tant il se déplaçait rapidement. Que ce fût une automobile, il y avait parfait accord à ce sujet. Mais quel moteur l’animait, on en était réduit aux hypothèses plus ou moins admissibles, et, lorsque l’imagination populaire s’en mêle, il est impossible de lui assigner de justes limites.

À cette époque, les automobiles les plus perfectionnées, quel que fût leur système, mues par la vapeur d’eau, le pétrole,