Page:Verne - Maître du monde, Hetzel, 1904.djvu/66

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Puis, là aussi, comme à Prairie-du-Chien, comme à Madison, les plus extravagantes hypothèses d’avoir cours. Et, à ceux qui ne voulurent point admettre que le mystérieux chauffeur fût le diable en personne, il ne répugnait pas de voir en lui quelque monstre échappé des fantastiques repaires de l’Apocalypse.

Et maintenant, ce n’était plus de minute en minute, c’était de seconde en seconde que ces curieux attendaient l’apparition de l’automobile signalée !

Or, il n’était pas onze heures, lorsqu’un lointain roulement se fit entendre sur la route, dont la poussière se soulevait en volutes tourbillonnantes. Des sifflets stridents déchiraient l’air, invitant à se ranger sur le passage du monstre. Il ne ralentissait pas sa vitesse… Pourtant le lac Michigan n’était plus qu’à un demi-mille, et son élan suffisait à l’y précipiter !… Est-ce donc que le mécanicien n’était plus le maître de sa mécanique ?…

Il n’y eut bientôt aucun doute à ce sujet. Avec la rapidité d’un éclair, le véhicule arriva à la hauteur de Milwaukee. Et, quand il eut dépassé la ville, alla-t-il donc s’engloutir dans les eaux du Michigan ?…

En tout cas, lorsqu’il eut disparu au tournant de la route, on ne trouva plus trace de son passage.


V. En vue du littoral de la Nouvelle-Angleterre.