Page:Verne - Maître du monde, Hetzel, 1904.djvu/92

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VII. Et de trois.


Je l’avoue, tout d’abord, ma surprise fut grande à la lecture de cette lettre. Des oh ! et des ah ! s’échappèrent de ma bouche. La vieille servante me regardait, ne sachant trop que penser.

« Est-ce que monsieur vient de recevoir une mauvaise nouvelle ?… »

À cette demande de Grad – je n’avais guère de secrets pour elle –, je répondis simplement en lui lisant la lettre depuis la première jusqu’à la dernière ligne.

Grad écoutait, me regardant avec une réelle inquiétude…

« Un mystificateur, sans doute, fis-je en haussant les épaules.

– À moins que ce ne soit le diable, puisque cela vient du pays du diable ! » ajouta Grad, toujours hantée d’interventions diaboliques.

Resté seul, je parcourus de nouveau cette lettre si inattendue, et, après réflexions, je m’en tins à l’idée qu’elle devait être l’œuvre d’un mauvais plaisant. Pas d’erreur possible… Mon aventure était connue… Les journaux ayant raconté en détails notre mission dans la Caroline du Nord et la tentative faite pour franchir l’enceinte du Great-Eyry, tout le monde savait pour quelles raisons, M. Smith et moi, nous n’avions pu réussir… Et alors un farceur, comme il s’en rencontre, même en Amérique, a pris la plume, et, pour se moquer, a écrit cette lettre des plus comminatoires.