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ARGÉSILAS. 109
lion et rimmobilité absolues sont incompatibles avec les tendances les plus naturelles de l'homme el les exigences les plus pres- santes de la vie. On ne peut éviter de se prononcer sur les choses de la vie pratique , et refuser de se décider, ce serait encore se décider. Une philosophie qui aurait recommandé à ses adeptes de demeurer incertains et irrésolus, de se laisser porter par les événements, comme les feuilles mortes sont le jouet du vent, était d'avance vouée au ridicule : moins que personne, des Grecs, des Athéniens ne pouvaient s'en contenter. D'ailleurs, au temps d'Arcésilas, ce qu'on demandait avant tout à la philosophie, c'était une règle de conduite : la question n'était pas de savoir s'il faut agir, mais comment il faut agir. C'était là le but et la raison d'être des systèmes : la logique et la physique n'étaient que le vestibule de la morale. On pouvait, à la rigueur, se passer du vestibule, pourvu qu'on eût l'essentiel, mais renoncer à la morale , c'était renoncer à la philosophie.
Cest ici que les stoïciens attendaient Arcésilas et que vrai* semblablement ils reprenaient l'avantage. Ils tenaient en réserve, comme «/(mm ratio, un argument qui devait décider de la victoire en leur faveur, alors même que leur défense obstinée de la représentation compréhensive n'aurait pas satisfait tout le monde. L'action, disaient-ils, et à plus forte raison la vertu, sont impos- sibles à qui n a point de croyances. La sensation et l'instinct ne suffisent pas k la vie de l'homme. Agir, c'est se décider. Quel homme se décidera sans savoir si le parti qu'il prend est conve- nable ou non k sa nature, avantageux ou nuisible, bon ou mauvais? Gicéron^^^ lorsqu'il fait parler les stoïciens, insiste longuement sur cet argument, et Plutarque ^^^ nous apprend que les stoïciens s'en servaient comme d'un épouvantail dont ils menaçaient leurs adversaires sceptiques.
Nous ne pouvons, à la vérité, affirmer qu'au temps d'Arcé- silas ils avaient donné à cette argumentation tout le développe-
��(^) Ac, II, fit, 99 ei 909.; zu, 39. <A Ad9. CoioU, 96.
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