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déclare que sur ce point, il eut plus de fermeté que Carnéade, à qui il arriva peut-être de concéder que le sage pourra avoir des opinions, non seulement au point de vue pratique, mais même en théorie.
Arcésilas fut-il du moins sincère dans son scepticisme ? On en doutait parfois chez les anciens. Suivant quelques-uns ^^\ dans la guerre acharnée qu’il fit à Zenon , il n’aurait obéi qu’à un sentiment de jalousie contre son ancien compagnon, et au désir de le contrecarrer et de le dénigrer en toutes choses. C’est ce que disaient les stoïciens, et ils aimaient à le représenter comme un esprit brouillon et inquiet, sans conviction sincère, se plaisant à jeter partout le désordre et la confusion , faisant en un mot pour la philosophie ce que Tibérius Gracchus fit en politique^^). Cicéron prend la peine de le défendre contre ces accusations : il semble que ce soit bien inutile. Pour attribuer à un grand esprit des motifs aussi bas et des sentiments aussi mesquins, il faudrait d’autres preuves que les boutades passionnées de quelques adversaires.
Ajoutons que d’après le rapprochement des dates il ne parait pas possible qu’Arcésilas ait suivi les leçons de Polémon en même temps que Zenon ^^\
Entre ces interprétations diverses, le plus sage nous paraît être de s’en tenir au jugement de Cicéron. Arcésilas a pu être un esprit sincère et élevé, vivement frappé de la difficulté de reconnaître la vérité au milieu de tant de systèmes différents ; l’abstention lui parut en fin de compte le parti le plus sûr, et il la considérée comme pouvant se concilier, ainsi que le dit Cicéron ^^), avec l’honneur et la dignité du sage. Il pouvait après tout invoquer d’illustres autorités, Parménide, Socrate, Platon ; et il ne s’en fit pas faute.
Il se peut aussi qu’il ait obéi à des motifs moins nobles. En
(*) Numen., loe, cit,, v, ii;Gic., Ac, II, fi, 16. (^> Cic, Ac.,11^ f, i5. ^^) Voir Zeller, op» cit., L IV, p. 691.
’^) ilc. 11, xxif , 77 : ««Cum vcra scutculia, tuiii lioticsla, el (%iia sapieule.?’ (^r. Ac, I, XII, fiU,