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qu’Antiochns la combat avec une grande vigueur et lui adresse précisément l’objection qu’on vient de lire^^^. Il compare ^^^ spirituellement les partisans de cette opinion à quelqu’un qui ôlerait la vue i un homme et dirait qu’il ne lui a rien ùtë de ce qu’on peut voir. On nous refuse les moyens de connaître la vérité, mais on nous laisse la vérité.
Si étrange qu’elle puisse paraître à quelques-uns» cette thèse est celle que soutient Cicéron lui-même dans toute la seconde partie du Lucullus. Il répète à satiété que rien n’est certain, mais,' en même temps, il ajoute qu’il ne conteste pas l’existence de la vérité (^l La vérité, dit-il encore en se servant d’une eipression de Démocrite^^^ a été profondément cachée par la nature; ne pouvant l’atteindre, nous pouvons du moins nous en rapprocher,
Pautre, il ait chaogé d’attitude. De plus, en bien des passives, il est fait allusioD expreflaément à Philon (xiu, 69 ; xxmv, 1 1 1), ou ses partisans sont, selon toute Traisemblanoe, désignés sans être nommés (iiv, 66 ; %, 39). Comment croire que GioéroD ait combattu moréicuê Topinion suivant laquelle les choses sont eompré* heoflibles, si Phiion Tavait soutenue, même arec les restrictions qu’on suppose? Comment croire surtout, si Phiion avait admis Temploi de ce mot, que Cicéron ait écrit (II, XLi, ia8) : Nec powuni dicere aliud alto magt$ minuêve comprehêndi , fmomam ommum r^rum una ett dêfimtio comprekêndêttdL Enfin, d’après une trè» ingénieuse correction que Hirzel lui-même a introduite dans le texte de Photiua [Myriob. cod., 9 13), Pbilon soutenait que tout est âxaT«Ui?ir7ov (Hirzel, p. 933). Ce qui parait probable, c’est que Phiion a déclaré que, si nous ne pouvons être sort de rien, cela ne tient pas à la nature même des choses, mais aux eonditioos de la connaissance Le passage de Cicéron (II, xviu, 58 : «rVeri et îaàâ non modo cognitio, sed etiam natura tolleturi) concorde tout a fait avec celui de Sextus. En d’autres termes, la vérité peut être connue, mais nous n’avons jamais le droit de dire que nous la connaissons. De là i employer couramment le mot xcnaÀq«7^y, il V a une certaine distance.
Nous croyons donc que Philon a continué à employer le moivt6a»6p, comme le fait constamment Cicéron. Mais ce qu’il est essentiel de remarquer, c’est que, dans un cas comme dans l’autre, il est toujours resté fidèle au point de vne de Carnéftde et n’a £dt au dogmatisme qu’une concession apparente. En fin de compte, il ne dit pas autre chose, s’il le dit autrement, que ce qu’a dit Carnéade.
(») Cic.,i4c., 11,11, 35.
t«) i4c.,ll,«, 33.
^’) Ac, II, Kilt, 73 : (rVeriesse aliquid non negamus; perdpi posse negamus.’* Cf. Il, xxxviii , 119 : «Vides me fateri aliquid esse vcri, comprehendi ea tamen et percipi nego.»
- ’ Àc, 1, m, hl^,