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iENÉSIDÈME. — SON SCEPTICISME. 269
précis ne nous autorise à attribuer à y£nësidème la distinction que fait Sextus ^^\ La seule distinction qu ait faite ^nésidème est celle des signes sensibles et des intelligibles : or c'est par une erreur manifeste que Fabricius ^^) confond cette distinction avec celle de Sextus; car les épicuriens, qui n'admettent que des
(*} Natorp, dans un curieux et hardi chapitre de ses Fonehungen der Gnehickte du Erhenntniêtproblêmê , p. 127 •( 109. (Berlin, Hertz, 1886), soutient Topinion contraire : ses ai^guments ne nous ont pas convaincu. Nous croyons avec Natorp que Sextus emprunte à ^ésidème la plupart de ses arguments contre les signes : mais de ce fait nous tirons une conclusion contraire. Il est vrai que Sextus confond le signe en général des stoïciens et le signe indicatif. Là-dessus , Philippson ( De Ph. lib. , p. 57) Taccuse de s'être contredit. Natorp le défend, mais le défend mal. Suivant lui, Sextus (P., II, 97-133 et M,, VIII, iâo-198) ne parle que du signe en géné- ral, et le passage A, II, 101, où ce signe est appelé ipêeixrtxôv, est interpolé. Mais supposer une interpolation , c*est se tirer commodément d^aflaire. La thè^ de Na- torp est d^ailleurs ouvertement contredite par le passage P.» II, io3 : c^est bien du signe indicatif que veut parler Sextus. La solution est bien plus simple. G^est que partout où les stoïciens disent signe (sans qualification), Sextus entend signe indi- catif, traduisant en son langage, qui était aussi celui des stoïciens de son temps, la pensée des anciens. Il est vrai que le signe des stoïciens ne rentre pas exactement dans la définition quUl a donnée du signe indicatif. Mais ce n*est qu^une différence de forme. Au fond, le signe des stoïciens et le signe indicatif sont identiques : Tun et Tautre supposent entre le signe et la chose signifiée un lien nécessaire. C'est pourquoi le signe est èxxaXvitltxà» toU Xifyovros, ix (p^êtts ihtttyopturtxèp to0 aniitsùnoîS {M,, VIII, 901). Ce signe est le seul qu'iEnésidëme ait connu, quoique vraisemblablement il ne Tait pas appelé indicatif. Et c'est pourquoi Diogène (IX, 96) dit simplement : 2irfie7ov ovx âvtu.
Il n*y a pas à contester d'ailleurs que la distinction entre la science et l'opinion fondée sur la seule expérience soit antérieure à iEnésidème : c'est ce que prouve un texte de Platon (Rép., Vil, 5i6, c) qui nous avait nous-méme vivement frappé avant que Laas et surtout Natorp en eussent tiré d'importantes conséquences. Cer- tainement Platon, et probablement les sophistes, ont connu une ixt^vot rptS^é {Phœdr,, a6o, E) fort voisine de VdxoXavOk yS» axtisItxS» (Sext., P., I, ad?). Mais est-ce une raison pour attribuer, en l'absence d'un témoignage précis, à iEné- sidème une théorie savante de l'expérience? Nous ne trouvons aucune trace de la distinction platonicienne ches les académiciens. De plus, autre chose est distinguer la science et la routine, autre chose faire la théorie de cette routine, la substituer de propos délibéré à la science, en formuler les règles. Il ne parait pas que les sophistes aient dépassé le premier de ces deux points de vue.
Nous croyons avec Natorp qu'il y a dans le scepticisme une partie positive : mais nous ne la voyons que ches Sextus , nullement chez iEnésidème. Et si elle a été ches .Enésidème (ce qui n'est nullement impossible), nous n'avons, dans les documents dont nous disposons, aucune raison certaine de l'affirmer.
{») Ad Sext., P., H, ioo,«».
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