Page:Vidocq - Mémoires - Tome 1.djvu/95

La bibliothèque libre.
Aller à : navigation, rechercher
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


riage, et il est convenu que d’ici à la cérémonie, tu toucheras cinq cents florins par mois. » Je trouvai effectivement cette somme le lendemain sur mon secrétaire, où l’on avait déposé de plus une toilette en vermeil et quelques bijoux.

Cependant l’extrait de naissance du comte de B…, dont j’avais pris le nom, et que le Général avait voulu faire lever, comptant faire fabriquer les autres pièces, n’arrivait pas. La baronne, dont l’aveuglement doit paraître inconcevable aux personnes qui ne sont pas en position de savoir jusqu’où peut aller la crédulité des dupes et l’audace des fripons, consentit à m’épouser sous le nom de Rousseau. J’avais tous les papiers nécessaires pour en justifier. Il ne me manquait plus que le consentement de mon père, et rien n’était plus facile que de se le procurer, au moyen de Labbre, que nous avions sous la main ; mais bien que la baronne eût consenti à m’épouser sous un nom qu’elle savait bien n’être pas le mien, il pouvait lui répugner d’être en quelque sorte complice d’un faux qui n’avait plus pour excuse le besoin de sauver ma tête. Pendant que nous nous concertions pour sortir d’embarras, nous apprîmes que l’effectif de