Page:Vidocq - Mémoires - Tome 2.djvu/190

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un arrivant ; se bornant à lui expliquer la règle de ses devoirs de détenu, il tâchait de lui rendre plus supportables les premiers instants de sa captivité, et faisait en quelque sorte plutôt les honneurs de la prison, qu’il n’en exerçait l’autorité.

Un autre caractère s’attirait le respect et l’affection des prisonniers, Christiern, que nous nommions le Danois, ne parlait pas français, il ne comprenait que par signes mais son intelligence semblait deviner la pensée ; il était triste, méditatif, bienveillant ; dans ses traits, il y avait un mélange de noblesse, de candeur et de mélancolie, qui séduisait et touchait en même temps. Il portait l’habit de matelot, mais les boucles flottantes et artistement arrangées de sa longue chevelure noire, l’éclatante blancheur de son linge, la délicatesse de son teint et de ses manières, la beauté de ses mains, tout annonçait en lui un homme d’une condition plus relevée. Quoique le sourire fût souvent sur ses lèvres, Christiern paraissait en proie à un profond chagrin, mais il le renfermait en lui, et personne ne savait même pour quelle cause il était détenu. Un jour cependant on l’appelle ; il était occupé à tracer sur la vitre avec un silex le