Page:Vidocq - Mémoires - Tome 2.djvu/233

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donner ?… Tantôt, je frémissais à cette réminiscence de mes appréhensions, ma demeure se transformait en un abominable repaire, tantôt elle était envahie par la police, et la perquisition mettait au grand jour les preuves d’un méfait qui allait attirer sur moi la vindicte des lois. Harcelé par la famille Chevalier, qui me dévorait ; tourmenté par Blondy, qui ne se lassait pas de me soutirer de l’argent ; épouvanté de ce qu’il y avait d’horrible et d’incurable dans ma position, honteux d’être tyrannisé par les plus viles créatures que la terre eût portées, irrité de ne pouvoir briser cette chaîne morale qui me liait irrévocablement à l’opprobre du genre humain, je me sentis poussé au désespoir, et pendant huit jours je roulai dans ma tête les plus sinistres projets. Blondy, l’exécrable Blondy, était celui surtout contre qui se tournait toute ma rage. Je l’aurais étranglé de bon cœur, et pourtant je l’accueillais encore, je le ménageais. Emporté, violent comme je l’étais, tant de patience était un miracle, c’était Annette qui me le commandait. Oh ! que je faisais alors des vœux bien sincères pour que, dans une des excursions fréquentes que faisait Blondy, quelque bon gendarme pût lui mettre la main sur le collet ! Je