Page:Vidocq - Mémoires - Tome 3.djvu/27

La bibliothèque libre.
Aller à : navigation, rechercher
Cette page n’a pas encore été corrigée


que, même en en étant instruit, puisque je ne l’avais pas quitté, je n’aurais pu manger le morceau.

Gaffré, interrogé, prétendit avoir acheté la montre : on fut persuadé qu’il mentait ; mais la personne volée ne s’étant pas présentée pour réclamer, il ne fut pas possible de le condamner. On le retint néanmoins administrativement, et après un assez long séjour à Bicêtre, il fut envoyé en surveillance à Tours, d’où il revint plus tard à Paris. Ce scélérat y est mort en 1822.

Dans ce temps, la police avait si peu de confiance en ses agents, qu’il n’était sorte d’expédients auxquels elle ne recourut pour les éprouver. Un jour on me détacha Goupil, qui vint me faire une singulière proposition.

— Tu sais bien, me dit-il, François le cabaretier…

— Oui, qu’est-ce qu’il y a ?

— Si tu veux, nous lui arracherons une dent.

— Et comment cela ?

— Voilà déjà plusieurs fois qu’il s’adresse à la préfecture pour obtenir la permission de rester ouvert une partie de la nuit ; on la lui a toujours refusée, et je lui ai donné à entendre