Page:Vidocq - Mémoires - Tome 3.djvu/34

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ça je pense que tu n’auras plus de détours. C’est bon de servir la police, c’est juste ; mais aussi on ne gagne pas le diable : un petit écu c’est pas sitôt changé que c’est rien du tout. Vois-tu, si tu veux être discret, il y a deux ou trois affaires que je reluque, nous les ferons ensemble, ça nous empêchera pas par après d’enfoncer les amis.

— Comment, lui dis-je, tu veux abuser de la confiance que l’on a en toi ? ce n’est pas brave, et je te jure que si on le savait à la boutique, on ne se gênerait pas pour t’envoyer passer deux ou trois ans à Bicêtre.

— Ah ! te voilà comme les autres, reprit Corvet, ça te va-t-il pas bien de faire le délicat ? t’es délicat, toi ! laisse donc : on te connaît pas p’t’être. »

Je lui témoignai mon étonnement de ce qu’il me tenait un pareil langage, et j’ajoutai que j’étais bien persuadé qu’il n’avait que l’intention de m’éprouver, ou peut-être de me tendre un piège.

« Un piège ! s’écria-t-il, un piège ! moi vouloir te faire de la peine ! plutôt être gerbé à vioque (jugé à vie) : faut être bien mézière (nigaud) pour le supposer. Je vas pas par quatre chemins ; quand je dis quelque chose, c’est