Page:Vidocq - Mémoires - Tome 3.djvu/37

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toutes les instructions qui lui étaient nécessaires pour parvenir à saisir les coupables en flagrant délit.

À l’heure convenue j’étais au poste : Corvet et sa femme ne tardèrent pas à venir ; je consommai avec eux le demi-setier de rigueur, et quand ils eurent pris cet encouragement, ils s’acheminèrent vers la besogne. Un instant après je les vis entrer dans une allée de la rue de la Haumerie. Le commissaire avait si bien pris ses mesures, qu’il arrêta les deux époux au moment où, chargés de butin, ils sortaient de la chambre qu’ils avaient dévalisée. Ce couple, si intéressant, fut condamné à dix ans de fers.

Pendant les débats, Corvet et sa digne compagne prétendirent que j’avais joué auprès d’eux le rôle de provocateur. Certainement, dans la conduite que j’avais tenue, il n’y avait pas l’ombre de ce qui peut caractériser la provocation : d’ailleurs, en matière de vol, je ne pense pas qu’il y ait de provocation possible. Un homme est honnête ou il ne l’est pas ; s’il est honnête, aucune considération ne sera assez puissante pour le déterminer à commettre un crime : s’il ne l’est pas, il ne lui manque que l’occasion, et n’est-il pas évident qu’elle s’offrira tôt ou tard ?