Page:Vidocq - Mémoires - Tome 3.djvu/42

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facilement égaré. Des raisonnements captieux, des combinaisons perfides, une intrigue dont il n’aperçoit pas les fils, peuvent le conduire dans l’abîme. Satan vient et le transporte sur la montagne d’où il lui fait découvrir les royaumes de la terre ; il lui montre tout un arsenal de chimères, des armées, des canons, des soldats, les peuples prêts à se soulever contre l’oppression. Il le séduit par des impossibilités, et pour des impossibilités, il le salue du titre de libérateur ; et le malheureux, dont l’imagination marche rêveuse dans des espaces imaginaires, croit enfin avoir trouvé un point d’appui et un levier pour remuer le monde. Poussé par le plus exécrable des démons, il ose prononcer son rêve ; l’enfer a ses témoins, ses juges, et le délire se termine au pied de l’échafaud : telle est, en peu de mots, l’histoire des patriotes de 1816 sollicités par l’infâme Schilkin. Mais revenons à la brigade de sûreté.

Après la formation de cette brigade, les officiers de paix et leurs agents, qui m’en voulaient déjà beaucoup, crièrent à l’abomination : ce furent eux qui semèrent sur mon compte les fruits les plus absurdes ; ils imaginèrent le surnom de bande à Vidocq,