Page:Vidocq - Mémoires - Tome 3.djvu/44

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attaquèrent mes agents, et tous les moyens de les rendre odieux à l’autorité leur semblèrent bons. S’était-il commis un vol, soit à l’entrée d’un théâtre, soit à l’intérieur, vite ils rédigeaient un rapport, et les membres de la terrible brigade étaient désignés comme les auteurs présumés. Il en était de même chaque fois que dans Paris il y avait de grands rassemblements ; messieurs les officiers de paix ne laissaient pas échapper une seule de ces occasions de faire le procès à la brigade ;… il ne se perdait pas un chat qu’on ne lui reprochât de l’avoir volé.

Fatigué à la fin de ces perpétuelles inculpations, je résolus d’y mettre un terme. Pour réduire au silence messieurs les officiers de paix, je ne pouvais pas couper les bras à mes agents, ils en avaient besoin ; mais afin de tout concilier, je leur signifiai qu’à l’avenir ils eussent à porter constamment des gants de peau de daim, et je leur déclarai que le premier d’entre eux que je rencontrerais dehors sans être ganté, serait expulsé immédiatement.

Cette mesure déconcerta tout à fait la malveillance : désormais il était impossible de reprocher à mes agents de travailler dans la foule. Messieurs les officiers de paix, n’ignorant