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LE MONDE TRAGIQUE 77

des souffles, et nous sommes les feuilles qu’elles emportent.

GOTTHOLD

C’est égal : lorsque Axel d’Auërsperg rompra le silence dans quelque solennel moment, cela sonnera, je crois, le son rude.

MlKLAUS, hochant la tête

Aux grands vents battent les grandes portes !

GOTTHOLD, presque à lui-même

Ah ! c’est qu’il fut toujours, en sa nature, de devenir un homme… surhumain.

Bruits de tonnerre ; lueurs d’orage ; lointaines rumeurs des bois.

MIKLAUS, se levant et allant à une fenêtre

Mais, — quel temps !… Le ciel a changé, pendant nos ressouvenances ! La tourmente secoue la montagne. Heureusement, le donjon est encore solide.

GOTTHOLD, debout et regardant aussi au lointain

C’est vrai. Déjà les éclairs bleuissent l’horizon. Voyez donc les sapins : comme la foudre en illumine les profondeurs !

Ils écoutent la tempête.