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84 AXEL

HARTWIG, souriant

Méchant lutin !

UKKO

Vous ne vous intéressez pas à ce qui m’arrive.

MIKLAUS

Dis-nous posément. . .

UKKO

Adieu.

Ukko a fait quelques pas pour sortir ; les trois vieillards se précipitent et le ramènent, moitié souriant, moitié fâché. Alors, debout entre les fleurs de la table, éclairé par les candélabres, par les lueurs, aussi, du foyer et des épars violets, il médite, noir et brillant, tandis que les trois serviteurs, assis autour de lui, l’écoutent avec une vague anxiété.

Il parle, en souriant, comme perdu en un rêve, — tandis que des harpes semblent, en des lointains, l’accompagner, au fond de l’orage :

Hier, dans la Forêt, à la première étoile, j’ai rencontré une petite fée, oh ! mille fois plus jolie que toutes celles du Harz !… une jeune fille. Elle chantait d’une voix aussi fraîche que le murmure des sources, et, balançant d’une main un petit