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LES PLAGIAIRES DE LA FOUDRE


À Monsieur Léon Dierx.


prologue


Divers animaux australiens, entre autres le singe rouge et certains grands aras, imitent, d’une manière des plus surprenantes, le bruit du tonnerre.
(Bulletins scientifiques de septembre 1887.)


En ces temps-là s’étendait magnifiquement, au sein d’idéals océans, une Île d’aspect enchanté. C’était une prodigieuse forêt fleurie qu’un Pacifique éventait de ses salines et vivifiantes brises, — et, dominant la clairière centrale, sur des couches rocheuses aux puissants échos, s’y dressait un colossal eucalyptus. Depuis près d’un siècle, entre ses ombrages superposés, se multipliait une race de perroquets énormes et versicolores : le grand arbre en rutilait dans les nuées.

Naturellement attentifs aux bruits et aux voix que leur propre est d’imiter, ces perroquets, se trouvant, par hasard, si haut placés qu’ils n’en-