Page:Villiers de L’Isle-Adam - Derniers Contes, 1909.djvu/287

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CATALINA



À Monsieur Victor Wilder.


— « Ma délicieuse et solitaire villa, sise aux bords de la Marne, avec son enclos et son frais jardin, si ombreuse l’été, si chaude l’hiver, — mes livres de métaphysique allemande, mon piano d’ébène aux sons purs, ma robe de chambre à fleurs éteintes, mes si commodes pantoufles, ma paisible lampe d’étude, — et toute cette existence de profondes songeries, si chère à mes goûts de recueillement, — oui, je résolus, par un beau soir d’été, d’en secouer les charmes durant quelques semaines d’exil.

Voici. Pour me détendre l’esprit de ces abstraites méditations, auxquelles j’avais trop longtemps consacré, — me semblait-il enfin, — toute ma juvénile énergie, je venais de concevoir le projet d’accomplir quelque gai voyage, où les seules contingences du monde phénoménal distrairaient, par leur frivolité même, l’anxieux état de mon entendement quant aux questions qui l’avaient, jusque-là, préoccupé. Je voulais… ne plus penser, me reposer