Page:Voltaire - Œuvres complètes Garnier tome15.djvu/62

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b2 (.IIAriTUl' WWll.

iTtira à Ainstord.iiii. où il csi hkuI cm ITIU', dniis iiiu^ cxtr(inc vieillesse, ;iprès a\oii' ctiiilrihiic ,i luiiiier en Hollande (|iiel(iiies églises (le jansénisles. ti-iMipeau faillie ([iii (h'ix'rii tons les joiii's.

LorscpToii i'arrèla, on saisil Ions ses papiers, et on y trouva tout ce (pii cararlérise un paili l'orme. Il y a\ail nue ('o|)i(' d'un ancien coniral l'ail par l(-> j.insenisles avcc yVlltoinelle Koni'i^Mion -, celèbie \ isionnaire, l'emnie riche, el (pii a\ail acjieté, sons le nom de son diroctonr, llletle iNordstraiid près du llolsleiii pour y ras- senilder ceux (pTelle |)r(t(Midait assoriei'à une sccto de inysti(|iies (pi'elle ava'l xonln elahlir.

Celle IJourignon a\ail iniprinié à ses Irais dix-neiirgros volumes (le pieuses rêveries, et dépensé la moitié de son bien à Taire des prosélytes. Kilo n'avait réussi qu'il se rendre ridicule, et même avait essuyé les persécutions attachées à toute innovation. Enfin, désespérant de s'établir dans son île, elle l'avait revendue aux jansénistes, ([ui ne s'y établirent pas pins (iirelle.

On trouva encore dans les manuscrits de Ouesnel un projet plus coupable, s'il n'avait été insensé. Louis \IV ayant envoyé en Hollande, en IG8/1, le comte d'Avaux, avec plein pouvoir d'ad- mettre à une trêve de vingt années les puissances qui voudraient y entrer, les jansénistes, sous le nom des disciples de saint Augustin, avaient imaginé de se faire comprendre dans cette trêve, comme s'ils avaient été en eiïet un parti formidable, tel que celui des calvinistes le fut si longtemps. Cette idée chimériffue était demeurée sans exécution ; mais enfin les propositions de paix des jansénistes avec le roi de France avaient été rédigées par écrit. Il y avait eu certainement dans ce projet une envie de se rendre trop considé- rables; et c'en était assez pour être criminels. On fit aisément croire à Louis \IV qu'ils étaient dangereux.

Il n'était pas assez instruit pour savoir que de vaines opinions de spéculation tomberaient d'elles-mêmes si on les abandonnait à leur inutilité. C'était leur donner un poids qu'elles n'avaient point que d'en faire des matières d'État. Il ne fut pas difficile de faire regarder le livre du P. Quesnel comme coupable, après que l'auteur eut été traité en séditieux. Les jésuites engagèrent le roi lui-même à faire demander à Rome la condamnation du livre. C'était en effet faire condamner le cardinal de Noailles, qui en avait été le protecteur le plus zélé. On se fiattait avec raison que le pape Clément XI mortifierait l'archevêque de Paris. 11 faut

1. Le 2 décembre, âgé de quatre-vingt-six ans.

2. Née à Lille, morte en 1680 ; Voltaire çn a parlé tome XIV, page 32.

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