Page:Voltaire - Œuvres complètes Garnier tome15.djvu/76
6ti ClIAlMTKi; \ \ \\ 111.
Mme Guyon, assmvt’i'l lii’i'c d’iiii \r\ disciple (|ir(>ll(» ;i|)polail son fils. (M coiiiptaiil iiu"’iuo sur .M"" de Maiiilciioii, icpaiidil dans Sainl- (’.} r loiiU’s SOS idr-cs. l/(’V((|ii(’ de Cliarlics, (iodcl. dans le diocèse (Iii(|ii(’l est S;unl-(’.\ 1", s’en alarma cl s’en plai^Miit. l/airli(’vê(|uc tic Paris menaça cnroro de rccommenrorsos pi-cmièi’cs poursuites.
Mme de Maintenon, qui ne pensai! qu'à faire de Saint Cyr un séjour de paix, qui savait combien le roi etait ennemi de toute nouveaute, qui n’avail pas besoin pour se donner de la considération de se mettre à la tête d’une espèce de secte, et qui enfin n’avait en vue que son crédit et son repos, rompit tout commerce avec Mme Guyon, et lui défendit le séjour de Saint-Cyr.
L'abbé de Fénelon voyait un orage se former, et craignit de manquer les grands postes où il aspirait. Il conseilla à son amie de se mettre elle-même dans les mains du célèbre Bossuet, évéque de Meaux, regardé comme un \)vvo de l’Eglise. Elle se soumit aux décisions de ce prélat, communia de sa main, et lui donna tous ses écrits à examiner.
L'évêque de Mcaux, avec ragrémcnl du roi, s’associa pour cet examen l’évêque de Chalons, qui lui depuis le cardinal de Noailles, et l’abbé Tronson, supérieur de Saint-Sulpice, Ils s’assemblèrent secrètement au village d’Issy, près de Paris. L’archevêque de Paris Chanvalon, jaloux que d’autres que lui se portassent pour juges dans sou diocèse, fit afficher une censure publique des livres qu’on examinait. M""= (luyon se retira dans la ville de Aleaux même; elle souscrivit à tout ce que l’évêque Bossuet voulut, et promit de ne plus dogmatiser.
Cependant Fénelon fut élevé à l’archevêché de Cambrai en 1G95, et sacré par l’évêque de Meaux. Il semblait qu’une ailaire assou- pie, dans laquelle il n’y avait eu jusque-là que du ridicule, ne devait jamais se réveiller. Mais M""Guyon, accusée de dogmatiser toujours après avoir promis le silence, fut enlevée par ordre du roi, dans la même année 1605, et mise en prison à Vincennes comme si elle eût été une personne dangereuse dans l’État. Elle ne pouvait l’être ; et ses pieuses rêveries ne méritaient pas l’atten- tion du souverain. Elle composa à \incennes un gros volume de vers mystiques, plus mauvais encore que sa prose; elle parodiait les vers des opéras. Elle chantait souvent :
L’amour pur et parfait va plus loin (ju’oii no pense * : On ne sait pas, lorsqu’il commence,
i. Ces vers sont parodiés de Quinault, Thésée, r.ctc II, scène i"’*.
�� �