Page:Voltaire - Œuvres complètes Garnier tome15.djvu/78

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C8 (MI\rnTxK XWVIII.

ol los liimii'l't'S. C.rliii ci. se jrtaiil ;iii\ m'iioiiv de sdii piiiicc, lui ,|riii;iii(l;i |>;inl()ii di' iif l'aMiir [las a\('ili plus [n[ de la l'alalc lu'ri'sir lie M. (le ('.aiiiluai.

(loi (Milhoii^iasiiu' ne paiiil pas siiicrrc aux noiiilirt'iix amis (1(> Im'iu'Ioii. L(>s coiirlisaiis iiciiscit'iil (pic «'"l'Iail un jour de coiir-

tisaii. Il fiait liicii (linicilc (uraii fond un Inu '(-(nninc itossiiet

iv.u'MnlAI onninif nno liirhie fatale la rliinicrc picnsc d'ainn^r Dieu pour Ini-nirini'. H ^c pi'iil ipi'il iVd de honnc fui dans sa liaiiio ponr (•('lit' d<'\otinn in.\sli(|ii('. et ciicorc pliisdaiissa haine scrrcle pour i'enelnii, et ([iio. conlondaiil Pnne avec l'autro, il pnilàl de boniH' l'iii celit' aecnsalioii eoidre son confrère ot son ancien ami, se liunraid penl-èlre (|ue des délations (jni (h'shonororaieiiL un homme de f;uerre honorent nn ecclésiasli(j[iic, et que le zèle de la reli,2;ion sanctifie les procédés hiclies.

Le roi et M" de Maintenon consnltent aussitôt le P. de ha Chaise; le confesseur répond (|ue le li\ re de Tarchevêque est fort hou. (jue tous les jésuites en sont édiliés, et qu'il n'y a que les jansénistes qui le désapprouvent. I/évéque de Meaux n'était pas janséniste; mais il s"était nourri de leurs bons écrits. Les jésuites ne l'aimaient pas, et n'en étaient pas aimés.

La cour et la ville furent divisées, et toute l'attention tournée de ce côté laissa respirer les jansénistes. Bossuet écrivit contre Fénelon. Tous deux envoyèrent leurs ouvrages au pape Inno- cent \ll, el s'iMi remirent à sa décision. Les circonstances ne paraissaient i)as favoraliles à l'Y-nelon : on avait depuis peu con- damné violemment à Home, dans la personne de l'Espagnol MolinosS le quiétisme dont on accusait l'archevêque de Cam- brai. C'était le cardinal d 'Estrées, ambassadeur de France à Rome, qui avait poursuivi Molinos. (.e cardinal d'Estrées, que nous avons vu dans sa vieillesse plus occupé des agréments de la so- ciété que de théologie, avait persécuté Molinos pour plaire aux ennemis <le ce malheureux prêtre. II avait même engagé le roi à solliciter à Rome la condamnation qu'il oljtint aisément : de sorte que Louis XIV se trouvait, sans le savoir, l'eunerni le plus redou- table de l'amour pur des mystiques.

Rien n'est plus aisé, dans ces matières délicates, que de trou- ver dans iMi livre qu'on juge des passages ressemblants à ceux d'un livre déjà proscrit. L'archevêque de Cambrai avait pour lui les jésuites, le duc de Reauvilliers, le duc de Chevreuse, et le cardinal de Houiilon, depuis peu ambassadeur de France à Rome,

i. Auteur du Guide spiriluel (ICÎo).

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