Page:Voltaire - Œuvres complètes Garnier tome2.djvu/53

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i.KTTiiKs SLK (f : r)ii>i : . 33

.locnslc sail (\\\o L.iïiis ii" ; i\ ; ii ! ; i\cc lui f|ii(’ doux compagnons i\(’ v()\ ; ig(’ : 110 d(’\r ; iit-(’llo donc pas soiipçoiinor que Laïus est jx-ut- rlroiuort (le la main dOEdipe ? Cependant elle ne lait nulle atten- tion à cet aveu ; et de peur que la pièce ne finisse au premier acte, elle ferme les yeux sur les lumières (prOKdipe lui donne : et, jnsipi’à la fin du (|uatrièuie acte, il n"est pas dit un mot de la mort de Laïus, (pii poui’liint est le sujet de la i)ièce. Les anioiiis de TlK’sée et de Dirc(’ occupent toute la scène.

Cest au quatrième acte’ (ju’OEdipe, en \0}ant JMiorbas, s’f-crie :

C’est un (le mes i)rii ; iind> ; i hi mort éciiappé, Madame, et vous pouvez lui choisir des supplices : S’il n’a tue Laïus, il fui un dos complices.

Pourquoi ])rendre IMiorhas pour un brigand ? et ])oui(juoi affirmer avec tant de certitude qu’il est complice de la mort de Laïus ? Il me paraît (jue l’OEdipe de Corneille accuse IMmrhas avec autant de légèreté que l’OEdipe de Sophocle accuse Créon.

Je ne parle point de l’acte gigantesque d’CEdipe qui tue tnjis liommes tout seul dans Corneille, et qui en tue sept dans Sopho- cle. Mais il est bien étrange qu’OEdipe se souvienne, après seize ans, de tous les traits de ces trois liommes ; « que l’un avait le poil noir, la mine assez farouche, le front cicatrisé et le regard un peu louche ; que l’autre avait le teint frais et l’œil perçant ; qu’il était chauve sur le devant et mêlé sur le derrière » ; et pour rendre la chose encore moins vraisemblable, il ajoute (acte IV, scène iv) :

On en peut voir en moi la taille et quelques traits.

Ce n’était point à OEdipe à parler de cette ressemblance ; c’était ta Jocaste, qui, a\ant vécu avec l’un et avec l’autre, pouvait en être bien mieux informée qu’OEdipe, qui n’a jamais vu Laïus ([u’un moment en sa vie. \oilà comme Sophocle a traiti’ cet endroit : mais il fallait que Corneille, ou n’eût point lu du tout Sophocle, ou le méjn-isàt beaucoup, puisqu’il n’a rien emprunté de lui, ni beautés, ni défauts.

Cependant, comment se peut-il faire qu’Œdipe ait seul tué Laïus, et que Phorbas, (]ui a été blessé à côté de ce roi, dise pour- tant qu’il a été tué par des voleurs ? Il était difficile de concilier cette contradiction ; et Jocaste, pour toute réponse, dit que

C’est un conte Dont l’iiorbas, au retour, voulut cacher sa honte.

1. Scène iv. Théâtre, l. 3

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