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DICTIONNAIRE

PHILOSOPHIQUE

��LOIS (ESPRIT J)ES) S

Il eût été à désirer que de tous les livres faits sur les lois, par Bodin, Hohbes, Grotius, Puffendorf, Montesquieu, Barbeyrac, Burlainaqui, il en eût résulté quelque loi utile, adoptée dans tons les tribunaux de l'Europe, soit sur les successions, soit sur les contrats, sur les finances, sur les délits, etc. Mais ni les citations de (irotius, ni celles de Puffendorf, ni celles de l'Esprit des lois, nont jamais produit une sentence du Châtelet de Paris, ou de l'Old Bailey de Londres. On s'appesantit avec Grotius, on passe quelques moments agréablement avec Montesquieu ; et si on a un procès, on court chez son avocat.

On a dit que la lettre tuait, et que l'esprit vivifiait ; mais dans le livre de Montesquieu l'esprit égare, et la lettre n'apprend rien.

DES CITATIONS FAUSSES DANS l'ESPRIT DES LOIS, DES CONSÉQUENCES FAUSSES QUE L'AUTEUR EN TIRE, ET DE PLUSIEURS ERREURS QU'iL EST IMPORTANT DE DÉCOUVRIR.

Il fait dire à Denis d'Halicarnasse que, selon Isocrate, « Solon ordonna qu'on choisirait les juges dans les quatre classes des Athéniens ». — Denis d'Halicarnasse n'en a pas dit un seul mot ; voici ses paroles : « Isocrate, dans sa harangue, rapporte que Solon et Clistène n'avaient donné aucune puissance aux scélé- rats, mais aux gens debien. » Qu'importe d'ailleurs que dans une déclamation Isocrate ait dit ou non une chose si peu digne

1. Questions sur l'Encyclopédie, huitic-me partie, 1771. (B.) — Voyez encore sur l'Esprit des lois les articles Amour socratiquk, Argent, Esclaves (section m"), Femme, Guerre, Honneur, Inceste; et dans les Mélanges, année 1768, le premier entrelien de l'A, B, C, dialogue; et, année 1777, le Commentaire sur l'Esprit des lois.

20. — Dictionnaire philosophique. IV. 1

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