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VAMPIRES. 549
superstition leur manquait; clio alla dans tout l'orient de l'Alle- magne. On n'entendit plus parler que de vampires depuis 1730 jusqu'en 1735; on les guetta, on leur arracha le cœur, et on les brûla : ils resscmbaient aux anciens martyrs; plus on en brûlait, plus il s'en trouvait.
Calmet enfin devint leur historiographe, et traita les vampires comme il avait traité l'Ancien et le Nouveau Testament, en rap- portant fidèlement tout ce qui avait été dit avant lui.
C'est une chose, h mon gré, très-curieuse, que les procès-ver- baux faits juridiquement concernant tous les morts qui étaient sortis de leurs tombeaux pour venir sucer les petits garçons et les petites filles de leur voisinage. Calmet rapporte qu'en Hongrie deux officiers délégués par l'empereur Charles VI, assistés du bailli du lieu et du bourreau, allèrent faire enquête d'un vampire, mort depuis six semaines, qui suçait tout le voisinage. Ouïe trouva dans sa bière, frais, gaillard, les yeux ouverts, et demandant à manger. Le bailli rendit sa sentence. Le bourreau arracha le cœur au vampire, et le brûla ; après quoi le vampire ne mangea plus.
Qu'on ose douter après cela des morts ressuscites, dont nos anciennes légendes sont remplies, et de tous les miracles rap- portés par Bollandus et par le sincère et révérend dom Ruinard!
Vous trouvez des histoires de vampires jusque dans les Lettres juives de ce d'Argens que les jésuites, auteur du Journal de Tré- voux, ont accusé de ne rien croire. Il faut voir comme ils triom- phèrent de l'histoire du vampire de Hongrie ; comme ils remer- ciaient Dieu et la Vierge d'avoir enfin converti ce pauvre d'Argens, chambellan d'un roi qui ne croyait point aux vampires.
Voilà donc, disaient-ils, ce fameux incrédule qui a osé jeter des doutes sur l'apparition de l'ange à la sainte Vierge, sur l'étoile qui conduisit les mages, sur la guérison des possédés, sur la sub- mersion de deux mille cochons dans un lac, sur une éclipse de soleil en pleine lune, sur la résurrection des morts qui se prome- nèrent dans Jérusalem : son cœur s'est amolli, son esprit s'est éclairé ; il croit aux vampires !
Il ne fut plus question alors que d'examiner si tous ces morts étaient ressuscites par leur propre vertu, ou par la puissance de Dieu, ou parcelle du diable. Plusieurs grands théologiens de Lor- raine, de Moravie et de Hongrie, étalèrent leurs opinions et leur science. On rapporta tout ce que saint Augustin, saint Ambroisc, et tant d'autres saints, avaientdil déplus inintelligible surles vivants et sur les morts. On rapporta tous les miracles de saint Etienne,
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