Page:Voltaire - Œuvres complètes Garnier tome26.djvu/459

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LETTRE

��DE GEROFLE A COGÉ

(17671)

��Moi, Gérofle, je déclare que mon maître étant trop vieux et trop malade pour répondre à la lettre de maître Gogé, professeur au collège Mazarin, je mets laplume à la main ^ pour mon maître ; étant persuadé qu'un bon domestique doit prendre la défense de son maître, comme le neveu de l'abbé Bazing a soutenu la cause de son oncle. J'entre en matière, car le patron n'aime pas le ver- biage.

Si une noble émulation soutenue par le génie produit les bons livres, l'orgueil et l'envie produisent les critiques, on le sait assez. Mais de quel droit maître Gogé serait-il envieux et orgueil- leux?

Quand Timmortel Fénelon donna son roman moral du Tèlè- maque, Faydit et Gueudeville firent des brochures contre lui, et eurent même l'insolence de faire entrer la religion dans leurs rapsodies, dernière ressource des lâches et des imposteurs.

Quand un digne académicien a donné le roman moral de Bèlisaire, traduit dans presque toutes les langues de l'Europe, il a trouvé son Faydit et son Gueudeville dans le régent de collège Gogé et dans Riballier,

Gogé et Riballier ont été les serpents qui, non-seulement ont v^ cru ronger la lime, mais qui ont essayé de mordre l'auteur. Ils se sont imaginé que la nation est au xiv« siècle, parce qu'ils y sont. Ils ont cabale dans la sacrée faculté de théologie de Paris pour engager icelle à écrire en latin contre un roman écrit en

_ 1. Cette pièce fait partie du recueil intitulé les Choses utiles et agréables, 17G9-1770, trois volu-pies in-8". C'est par plaisanterie que Voltaire nomme Corjé le personnage dont le véritable nom est Coçjer: voyez tome X\I, page 357. '2. Expression de Larcher; voyez la note 3 de la page 371. 2G. — Mélanges. V. 29

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