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A M. HUME. 37

est obligé de l'avouer clans sa lettre à monsieur l'archevêque de Paris (page 3). a Je me suis vu, dit-il, dans la même année, re- cherché, fêté même à la cour, puis insulté, menacé, détesté, maudit. Les soirs, on m'attendait pour m'assassiner dans les rues; les matins, on m'annonçait une lettre de cachet. »

On demande comment il se pourrait faire qu'il fût générale- ment maudit, détesté, sans avoir fait du moins quelque chose de détestable?

��Page 6. — Qui venait de donner à Paris un grave opéra et une comédie.

Cette comédie dont on parle est intitulée V Amant de soi-même. Elle fut sifflée. Il eut le courage et la modestie de la faire impri- mer. Voici comme il parle dans sa préface : « Il est vrai qu'on pourra dire un jour : Cet ennemi si déclaré des sciences et des arts fit pourtant et publia des pièces de théâtre ; et ce discours sera, je l'avoue, une satire très-amère, non de moi, mais de mon siècle. » L'opéra fut mieux reçu. On a dit à Lyon que le musicien Gautier était l'auteur de la musique qu'on avait trouvée dans ses papiers, et qui fut ajustée ensuite par Jean-Jacques aux paroles. Cet opéra était dans le goût des opéras-comiques. Au reste, c'est aux amis et aux parents du feu sieur Gautier à dire si cette mu- sique est de lui, ce qui importe fort peu.

��Page 9. — Le prédicant de Moutiers-Travcrs, homme d'un esprit fin et délicat.

On a très-mal instruit M, de Voltaire si on lui a dit que M. de Montmolin se piquait de finesse et de délicatesse ; c'est un homme très-simple et très-uni, à qui l'on n'a reproché que de s'être laissé séduire trop longtemps par Rousseau.

Non-seulement la déclaration de Jean-Jacques Rousseau contre le livre Z)e V Esprit^, et contre ses amis, est entre les mains de M. de Montmolin, mais elle est imprimée dans un écrit de M. de Montmolin, intitulé Réfutation d'un Libelle, page 90. Ce trait de Jean-Jacques n'est pas seulement d'un hypocrite qui se moque de ce qu'il y a de plus sacré, ce n'est pas seulement le délire d'un extravagant qui a changé trois fois de secte, et qui

1. Par Helvétius.

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