Page:Voltaire - Œuvres complètes Garnier tome26.djvu/539

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LA DÉFENSE

DE MON aiAITRE

��(15 DÉCEMBRE 1767)

��Mon maître, outre plusieurs lettres anonymes, a reçu deux lettres outrageantes et calomnieuses, signées Cogé, licencié en théo- logie, et professeur de rhétorique au collège Mazarin. Mon maître, âgé de soixante et quatorze ans, et achevant ses jours dans la plus profonde retraite, ne savait pas, il y a quelques mois, s'ily avait un tel homme au monde. Il peut être licencié; et ses procédés son assurément d'une grande licence. Il écrit des injures à mon maître; il dit que mon maître est l'auteur d'une Honnêteté théolo- gique-. Mon maître sait quelles malhonnêtetés théologiques on a faites à M, Marmontel, qui est son ami depuis vingt ans^; mais il n'a jamais fait ^'Honnêteté théologique. Il ne conçoit pas même comment ces deux mots peuvent se trouver ensemble. Quiconque dit que mon maître a fait une pareille honnêteté est un malhon- nête homme et en a menti. On est accoutumé à de pareilles impos- tures. Mon maître n'a pas même lu cet ouvrage, et n'en a jamais entendu parler. Il a lu Bélisaire, et il Ta admiré avec toute l'Europe. Il a lu les plats libelles du sieur Cogé contre Bélisaire, et, ne

1. Cet écrit, recueilli par Grinun dans sa Correspondance, en janvier 17G8 est probablement la réponse dont Voltaire parle dans sa lettre à Damilaville du 14 décembre 1707, C'est M. Clogenson qui, en 1823, l'a le premier admis dans les OEuvres de Voltaire, Grimm l'a imprimé sous ce titre : la Défense de mon maître: Clogenson et Beuchot sous celui de : Réponse catégorique au sieur Cogé.

2. L'abbé Morellet croyait que l'Honnêteté théologique était de Voltaii-e. Mais Grimm {Correspondance, décembre 1708) dit que Damilaville, qui en est l'auteur l'attribua à Voltaire, qui paraît l'avoir rebouisée. (B.)

3. C'est à la fin de 1743 que Voltaire avait personnellement connu Marmontel, qui, depuis 1743, était en correspondance avec lui; mais le billet le plus ancien de Voltaire qui soit conservé est de novembre ou décembre 1745,

20. — Mélanges. V. 34

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