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ANNÉE 1713. 9
bon temps; le ciel n'a pas été d'airain pour hiy, au plus fort de
sa prière, le ciel a donné une pluye abondante; voylà à pcuprez
ce qui s'est passé icy. Il ne me reste pluspour jouir des vacances
que d'avoir le plaisir de vous voir à Paris, mais bien loing de
pouvoir vous posséder, je ne puis mesnie avoir le bonheur de
contenter mon amitié par une plus longue lettre; la poste, qui
va partir, me force de me dire à la hâte votre très humble et très
obéissant serviteur et amy,
Arolet.
��6. — A MADEMOISELLE DUNOYER'.
1713.
Lisez cette lettre en bas, et fiez-vous au porteur.
Je crois, ma chère demoiselle, que vous m'aimez ; ainsi pré- parez-vous à vous servir de toute la force de votre esprit dans cette occasion. Dès que je rentrai hier au soir à l'hôtel, M. L. - me dit qu'il fallait partir aujourd'hui, et tout ce que j'ai pu faire a été d'obtenir qu'il dilTéràt jusqu'à demain ; mais il m'a défendu de sortir de chez lui jusqu'à mon départ ; sa raison est qu'il craint que madame votre mère ne me fasse un affront qui rejaillirait sur lui et sur le roi. Il ne m'a pas seulement permis de répliquer, •il faut absolument que je parte, et que je parte sans vous voir. Vous pouvez juger de ma douleur ; elle me coûterait la vie, si je n'espérais de pouvoirvous servir en perdant votre chère présence. Le désir de vous voir à Paris me consolera dans mon voyage. Je ne vous dis plus rien pour vous engager à quitter votre mère, et à revoir votre père', des bras duquel vous avez été arrachée pour venir ici être malheureuse.... Si vous balanciez un moment, vous
pères jésuites, ses confrères, ne crurent pas lui rendre un plus p:rand honneur qu'en inhumant son corps dans l'église du collège Louis-le-Grand, où il professait la rhétorique, alternativement avec le P. Lejay, depuis 1708. (H. B.)
1. Les quatorze lettres de Voltaire à M"" Olympe ou Pimpette Dunoycr (voyez tome XV, page 127) ont été publiées pour la première fois dans l'édition de 1720 des Lettres historiques et galantes de M"'* Dunoyer. On les comprit dans le tome V d'une Collection complète des OEuvres de M. de Voltaire, Amsterdam, 1704 ; mais elles n'étaient point dans les éditions faites à Kehl. M. Renouard les admit, en 1821, dans son édition des OEuvres de Voltaire. Les lacunes qu'elles présentent donnent à penser que M"'" Dunoyer a supprimé les passages qui n'étaient pas flat- teurs pour elle. (B.)
2. Il faut lire : Monsieur l'Ambassadeur, le marquis de Chàteauneuf. Ces abré- viations furent faites par la mère de M"'= Dunoyer, qui publia ces lettres d'amour.
3. Le père de M"" Dunoyer vivait en France. La fille avait suivi sa mère, qui, protestante, s'était expatriée.
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