Page:Voltaire - Œuvres complètes Garnier tome34.djvu/26

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16 CORRESPONDANCE.

meilleur ; mais il faudra absolument retrancher beaucoup d'une très-longue scène du valet de l'imllscrtt et de Julie'. Cette scène est injouable, telle qu'elle est. Je ne vous ferai point aujourd'hui de dissertation sur l'opéra, parce que

l'iuiibus attenlus, niinor est ad singula sensus.

Vous pouvez me confier ce secret de plaire aux grands. Je l'embrasserai avec l'avidité d'un homme qui souhaite passionné- ment de rester dans un pays habité par Emilie et par vous. Dites- moi ce que c'est que ces deux lettres. Comptez que je n'abuserai pas de votre confiance. Vous pouvez hardiment tout dire à un homme qui se tairait dans Paris, et qui n'a personne avec qui bavarder ici. Encore un coup, confiez-moi hardiment un secret qui m'est important, à moins que vous ne me preniez pour le héros de la pièce ^ qua demandée la reine. J'ai lu les lettres de Pope'; « sed plura at another time. I am yours for ever, and more vour friend than ever. »

��550. — A M. THIERIOT.

A Cirey, le 25 janvier.

Nous avons joué notre tragédie, mon charmant ami, et nous n'avons point été siffles. Dieu veuille que le parterre de Paris soit aussi indulgent que celui de nos bons Champenois! Je suis bien fâché, pour l'honneur des belles-lettres, que Lefranc fasse de si mauvaises manœuvres pour m'accabler. En sera-t-il plus haut quand je serai plus bas? Forcer W' Dufresne* à ne point jouer dans ma pièce, c'est ôter le maréchal deVillars au roi, dans la campagne de Denain. Le rôle était fait pour elle, comme Zaïre était taillée sur la gentille (iaussin. Mon cher Thieriot, vous connaissez mon cœur ; je voudrais réussir sans que Lefranc tombùt. J'aime tant les beaux-arts que je m'intéresserais même au succès de mes rivaux. La lettre que j'ai écrite aux comédiens n'était point ironique. Le ton modeste doit être le mien, et celui de tout homme qui se livre au public. J'ose croire que ce même

1. Il est que'stion do Julie dans les scènes ii et xiii de l'Indiscret : mais ce nom n'est pas au nombre des porsonnai.'-es. La scène xi entre Horlense, iSèrine et Pas- quin, n'a que douze vers dans toutes les éditions. (B.)

2. L'Indiscret.

3. UEssai sur l'Homme, par Pope, est divisé en quatre épitres.

4. Les comédiennes mariées n'étaient jamais appelées Hi«rf«Hjt'; mademoiselle Dufresne désiç-ne ici M'"" I)nfre«nc. (R.)

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