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€08 SAUL.
VOUS autres prêtres, vous faites toujours bonne chère ; si je prends la guerre, vous n’y allez pas : je choisis la peste ; j’espère que tu l’auras, que tu crèveras comme tu le mérites.
GAG,
Dieu soit héni M •
(Il s’en va criant : « La peste, la poste », et tout le monde crie : « La peste, la peste, h)
JOAB.
Je ne comprends rien à tout cela : comment ! la peste, pour avoir fait son compte ?
SCÈNE III.
LES PERSONNAGES PRÉCÉDENTS, BETHSABÉE, SALOMON.
BETHSABÉE.
Eh ! milord ! il faut que vous ayez le diable dans le corps pour choisir la peste ; il est mort sur-le-champ ^ soixante-dix mille personnes, et je crois que j ai déjà le charbon : je tremble pour moi et pour mon fils Salomon, que je vous amène.
DAVID.
J’ai pis que le charbon ^ je suis las de tout ceci : il faut donc que j’aie plus de pestiférés que de sujets : écoutez, je devions vieux, vous n’êtes plus belle ; j’ai toujours froid aux pieds, il me faudrait une fille de quinze ans pour me réchauffer.
JOAB. ’
Parbleu, milord, j’en connais une qui sera votre fait ; elle s’appelle Abisag de Sunani.
DAVID,
Qu’on me l’amène, qu’on me l’amène, qu’elle m’échauffe.
BETHSABÉE.
En vérité, vous êtes un vilain débauché : fi ! à votre âge, que voulez-vous faire d’une petite fille ?
JOAB.
Milord, la voilà qui vient ; je vous la présente.
DAVID.
Viens çà, petite fille, me réchaufferas-tu bien ?
1. Il y a dans l’original : Pox, pox.
2. Rois, II, chap. xxiv.
3. Id., ibid.