Page:Voltaire - Lettres philosophiques, t. 1, éd. Lanson, 1915.djvu/234

La bibliothèque libre.
Aller à : navigation, rechercher
Cette page n’a pas encore été corrigée


suit l’esprit | de l’homme dans toutes ses opérations 34, | | fait voir combien les langues que les hommes parlent sont imparfaites, & quel abus nous faisons des termes à tous momens3;.

Il vient enfin à considérer l’étendue ou plutôt le néant des connoissanccs humaines j*. C’est dans ce chapitre qu’il ose avancer modestement ces paroles. Nous ne serons jamais peut-être capables de connoitre si un être purement ito materiel pense ou non 37.

Ce discours sage parut à plus d’un Théologien une if ifV déclaration scandaleuse, que l’ame est matérielle & mortelle.

Quelques Anglais, dévots à leur manière, sonnèrent 1 5 l’alarme. Les superstitieux sont dans la société ce que les poltrons sont dans une armée, | ils ont, & donnent des [i terreurs paniques 5^. On cria que Loke vouloit renverser la Religion î’? : il ne s’agissoit pourtant point de Religion dans cette affaire ; c’étoit une question purement philo- 1 20 sophique, très-indépendante de la foi & de la révélation 40 ; /l il ne falloit qu’examiner sans aigreur s’il v a de la contradiction à dire : la matière peut penser, & si Dieu peut ’ communiquer la pensée à la matière. Mais les Théologiens commencent trop souvent par dire que Dieu est 2jjL/putragé quand on n’est pas de leur avis. C’est trop res-’ Sembler aux mauvais Poètes qui crioient que Despreaux v’ parloit mal du Roi, parce qu’il se moquoit d’eux. Le Docteur Stillingfleet s’est fait une réputation de Théollogien modéré pour n’avoir pas dit positivement [i des injures à Loke 41. Il entra en lice contre lui, mais il

107-108. $4*-42^ Ce fut... osa... fS Ce fut... ose...

. J4^-K Mr Locke — 118. ^.^’-A’ [pourtant] pas

. ^6-K et Dieu peut... (en rattachant ces mots au discours direct amcf lé par dirt), — 126. J/ croycnt ^6-K croyaicnx mauvaises leçons. —

130. }4^-K Mr Locke. (42’ Mr. Locque.)