Page:Von Moltke - La Guerre de 1870.djvu/100

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Le général Douay recevait à Vouziers des rapports où tout était étrangement exagéré, il dut croire qu’une attaque générale était imminente ; le 7" corps resta sous les armes toute la nuit, parunè pluie battante, et le maréchal résolut de se porter le lendemain avec toutes ses forces sur Vouziers et Buzancy. De la sorte sa marche vers l’est eût pris fin dès le 27 ; mais on s’aperçut à temps que les renseignements parvenus à l’état-major français étaient inexacts.

Le grand quartier général allemand avait certes le plus grand intérêt à être fixé sur les mouvements de l’adversaire, mais rétat-major français devait tenir plus encore à être exactement renseigné. Si on avait su convenablement employer la cavalerie sur le flanc droit, une surprise comme celle dont nous venons de parler n’eftt pas été possible ; mais la {re division de cavalerie française marchait en avant de l’aile gauche nullement compromise et la 2" à la queue.

Il semblerait qu’on se préoccupât moins, à l’armée française, de repousser une attaque que d’atteindre, en évitant une rencontre et sans être aperçu, Montmédy, point où devait avoir lieu la jonction projetée.

Mais quand on ne put plus mettre en doute l’arrivée de l’ennemi par le sud, le mieux eftt certes été de prendre vigoureusement l’offensive dans cette direction, afin de le battre ou pour le moins de le refouler loin de la ligne de marche. Si on n’y réussissait pas, on se serait au moins rendu compte que la marche vers l’est n’était pas praticable et que forcémtmt il en résulterait une catastrophe.

Il est juste de dire que la cavalerie allemande formait autour de l’armée un voile presque impénétrable. Le maréchal ne pouvait savoir que son adversaire, échelonné