Page:Von Moltke - La Guerre de 1870.djvu/102

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qu’elle n’avait plus besoin de faire marcher à l’ouest deux de ses corps ; mais ils s’étaient déjà mis en marche.

Les dernières dispositions prises par le maréchal de Mac-Mahon accusent avec une netteté suffisante son dessein de tenter un dernier effort pour pousser plus loin dans la direction de Metz. Il s’était échelonné sur la route la plus septentrionale qui pouvait l’y mener, tout en laissant sur l’Aisne une forte réserve, comme soutien. Quand il fut informé que pas un homme de l’armée du Rhin ne se montrait à Montmédy, qu’au contraire celle-ci était encore àMetz, il résolut de battre en retraite, donna les ordres voulus pour que le mouvement commençât le lendemain dans la matinée, et annonça la chose à Paris.

Dans la nuit même, on lui répondit en lui faisant les objections les plus pressantes : « Si vous abandonnez Bazaine, lui télégraphiait le ministre de la guerre, la révolution éclatera à Paris », et le conseil des ministres exigea formellement qu’il débloquât Metz. On lui disait que les troupes qu’il avait en face de lui n’étaient qu’une partie de l’armée d’investissement, qu’il avait sur le prince royal de Prusse une avance de plusieurs jours, et que, pour protéger Paris, le général Vinoy s’était porté à Reims avec le 13" corps, nouvellement formé.

Le maréchal, en dépit de ce que lui disait son expérience, se soumit et modifia ses ordres. Mais les troupes s’étant mises en marche de fort bonne heure, les colonnes, quand elles durent marcher dans une autre direction, s’entre-croisèrent, et par de mauvais chemins, trempées et harassées, les troupes arrivèrent, découragées, fort tard dans la soirée, de nuit même, dans leurs cantonnements.


28 août. – Elles n’avaient guère franchi plus de 15 ki