Page:Von Moltke - La Guerre de 1870.djvu/131

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BATAILLE DE SEDAN. ‘ 123 A 5 heures seulement, les Allemands se rendirent absolu- ment maitres de la forêt. I Depuis quelque temps déja, on apercevait de longues colonnes afiluant vers Sedan de toutes les hauteurs d’alen- tour. Dans la place et dans son voisinage immédiat, se formaient des masses désordonnées de troupes de plus en plus denses, et dans cette foule compacte venaient tomber les obus lancés des deux rives de la Meuse par les batteries ·allemandes. Bientôt, des colonnes de flammes s’élevèrent de la ville, et les chasseurs bavarois, qui s’étaient portés en avant par Torcy, s’apprétaient à escalader les palissades d’une des portes, quand, vers 5 heures et demie, des dra- peaux blancs furent hissés sur les_ clochers de la ville`. L’empereur Napoléon avait refusé de suivre le général de Wimpffen s’apprêtant a tenter sa trouée; il l’avait au contraire invité à entrer en négociations avec l’ennemi. L’empereur renouvela cet ordre, et les Français cessèrent soudain le feu. Le roi se trouvait depuis le matin sur la hauteur au sud de Frénois, d’ou il suivait la marche de la bataille. C’est là que vint le trouver le général Reille. Il était porteur d’une lettre de l’empereur, tout entière écrite de sa main. Le roi ne savait pas qu’il se trouvait a Sedan. Par cette lettre, il remettait son épée entre les mains de Sa Majesté; mais, comme il ne se constituait prisonnier que personnellement, on demanda, dans la réponse qui lui fut faite, qu’un officier muni des pouvoirs nécessaires fut envoyé afin de négocier la capitulation de l’armée française avec le général de Moltke. ` Cette tache pénible échut au général de Wimpffen, quoi- qu’il ne fût en rien responsable de la situation désespérée où avait été réduite l’armée française.