Page:Von Moltke - La Guerre de 1870.djvu/94

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cher sur Reims, d’où il pourrait, après avoir fait un détour de peu d’importance, soit atteindre Paris, soit se porter au-devant de l’armée de Metz.

Mais quand il apprit que l’armée du prince royal de Prusse n’avait pas du tout été appelée à Metz, et que la cavalerie prussienne s’était montrée à Vitry, le maréchal ne se fit plus d’illusions sur le danger qu’il y aurait à tenter la jonction ; se rendant nettement compte de la situation, il refusa formellement d’obtempérer à l’ordre émanant de l’impératrice et du conseil des ministres, d’entreprendre la marche au nord-est, et déclara qu’il marcherait sur Paris. Là, il pourrait risquer une bataille, avec des chances de succès, vu que, même si l’issue de la bataille n’était pas favorable, les ouvrages de la place couvriraient sa retraite et le mettraient à l’abri de toute poursuite.

De nouvelles communications envoyées de Metz ne permettaient pas de voir clair dans la situation. Le 18 aussi, l’armée française « s’était maintenue dans ses positions ) ; l’aile droite seule avait fait un changement de front. « Les troupes avaient besoin de deux à trois jours de repos ", mais le maréchal « comptait encore se retirer dans la direction du nord », afin de se frayer un chemin par Montmédy et Sainte-Menehould jusqu’à Châlons, si ce chemin n’était pas trop fortement occupé par l’ennemi. Si cela était, il se dirigerait sur Sedan, et passerait même par. Mézières pour atteindre ChAlons.

Il était permis d’admettre qu’à ce moment-là, l’armée de Metz exécutait déjà ce mouvement, et dès lors le maréchal de Mac-Mahon résolut qu’en aucun cas il n’abandonnerait son compagnon d’armes. En conséquence, il se mit en marche, le 23 août, non pas sur Paris, mais bien dans la direction de Stenay.