Page:Von Moltke - La Guerre de 1870.djvu/95

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Il avait formé cette résolution si soudainement, qu’aucune disposition, en vue de l’exécution, n’avait pu être prise. Le premier jour, les troupes arrivèrent fort tard dans la soirée, par une pluie battante, sur la Suippe. Les choses les plus indispensables faisaient défaut, et deux corps d’armée n’eurent pas de vivres du tout. Le maréchal se vit donc forcé d’amener l’armée plus au nord, à Rethel, où se trouvaient d’énormes magasins remplis de vivres, et où la voie ferrée facilitait le ravitaillement. La troisième journée de marche ne fit faire à l’armée que peu de progrès dans la direction de l’est. L’aile gauche resta à Rethel, tandis que l’aile droite atteignait la Meuse à Vouziers. Le 26 août, le gros des forces se trouvait encore entre Attigny et le Chêne sur le canal des Ardennes, le 7" corps et un régiment de hussards ayant pour mission de couvrir le flanc droit en avant de Vouziers.

Tandis que l’armée française, décrivant de la sorte un grand arc de cercle, marchait à l’est, l’armée allemande, parlant au même moment, s’était portée droit à l’ouest.

Conformément aux dispositions arrêtées par le grand quartier général, à Pont-à-Mousson, la marche en avant contre l’ennemi qu’on supposait être aux environs de ChâIons devait se faire de façon que, à gauche de l’armée de la Meuse, la troisième armée eû.t une avance d’une étape afin qu’on pût attaquer l’ennemi, partout où il tiendrait tête, simultanément de front et dans son flanc droit et le refouler au nord de Paris. Tout en avançant, les deux armées devaient se rapprocher davantage et avoir atteint àla date du 26 août la ligne Sainte-Menehould-Vitry.

Pendant la première journée de marche les deux armées s’étendaient encore sur un front de 90 kilomètres ; le soir elles atteignirent la Meuse ; le lendemain, c’est-à-dire le 24,