Page:Von Moltke - La Guerre de 1870.djvu/98

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rent donnés à 1 0 heures du matin, indiquaient pour les deux armées un changement de direction peu sensible : au lieu de marcher sur Châlons, on marcherait sur Reims..Quant à la cavalerie de l’aile droite, on lui enjoignit catégoriquement de pousser jusqu’à Buzancy et Vouziers ; de cette façon on serait immédiatement et nettement fixé sur la situation.

À la guerre il faut bien souvent établir ses combinaisons sur des probabilités et la plupart du temps la probabilité la plus vraisemblable est que de toutes les mesures l’ennemi prendra la seule juste. Or on ne pouvait guère admettre que la mesure qu’adopteraient les Français serait de découvrir Paris et de marcher sur Metz en longeant la frontière belge. Cette détermination paraissait étrange, voire même aventureuse, et pourtant il était possible qu’on la prit. Aussi le chef du grand état-major élabora-t-il, à midi, pour parer à toutes les éventualités, un tableau de marche, d’après lequel les trois corps de l’armée de la Meuse et les deux corps bavarois qui se trouvaient le plus près d’elle pussent être concentrés en trois jours de marches peu considérables, aux envirôns de Damvillers, sur la rive droite de la Meuse.

En attirant à soi les deux corps tenus en réserve près de Metz on pouvait accepter la bataille, dans ces parages, avec 150000 hommes, ou forcer l’ennemi à l’accepter, en se portant en avant sur Longuyon. Mêrr,lü sans _e concours de cette réserve, on pouvait espérer qu’on arrêterait sa marche de ce côté-ci de la Meuse déjà et que d’autres corps encore de la troisième armée pourraient joindre les deux bavarois.

Ce tableau de marche allait bien vite être mis à exécution. Dans le courant de l’après-midi déjà, de nouveaux ren