Page:Wilde - La Maison de la courtisane, trad. Savine, 1919.djvu/39

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bastions, et là où prenaient leur repos les guerriers vêtus de mailles, la chouette de minuit a fait son nid caché. Oh ! déchue, déchue de tes grandeurs, ô cité captive dans les filets de la Destinée, rien ne reste de tous tes jours de gloire qu’un écusson terni et une couronne de lauriers flétris.

Pourtant, qui donc, sous cette nuit de guerre et de terreurs, peut du haut de la tour tranquille épier la venue des armées futures ? Qui peut dire à l’avance quelles joies amènera le jour, ou pourquoi les linottes chantent avant l’aube ? Toi, toi aussi, tu peux te réveiller, ainsi que la rose se réveille, en son éclat d’incarnat, du tombeau que lui font les neiges, comme les opulents champs de blé qui rougissent, puis se dorent, surgissent de ce sol brun, que durcit l’âpre voix de l’hiver, ou comme des mêlées de la tempête se dégage une parfaite étoile.