Page:Wilde - La Maison de la courtisane, trad. Savine, 1919.djvu/40

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O cité tant aimée, j’ai voyagé bien loin des îles ceintes de vagues qui sont ma patrie. J’ai vu le sombre mystère du Dôme s’élever lentement sur la route de la morne Campagna et se revêtir de la royale pourpre du jour, et de la cité couronnée de violettes, j’ai assisté au coucher du soleil près de la colline de Corinthe, et j’ai vu le « rire infiniment nombreux de la mer » du haut des collines qu’éclairaient les étoiles, dans l’Arcadie constellée de fleurs, et pourtant c’est à toi que revient mon plus complet amour, comme revient le soir à son nid de la forêt la tourterelle attardée.

O cité du poète, celui qui a vu à peine une vingtaine d’étés perdre leur justaucorps vert pour prendre la livrée de l’automne, ferait un vain effort pour éveiller sur sa lyre un chant plus sonore, ou pour dire les jours de gloire ; et vraiment c’est peu de chose que le léger murmure qui sort du