Page:Wilde - Le Crime de Lord Arthur Savile, trad. Savine, 1905.djvu/13

La bibliothèque libre.
Aller à : navigation, rechercher
Cette page n’a pas encore été corrigée


excepté où ses idées déraillent et s’intervertissent, on ne saurait raisonner plus normalement.

« En contemplant en ce moment le portrait de Sybil, lord Arthur, écrit Wilde, fut rempli de cette terrible pitié qui naît de l’amour. Il sentit que l’épouser avec le fatum du meurtre suspendu sur sa tête serait une trahison pareille à celle de Judas, un crime pire que tous ceux qu’ont jamais rêvé les Borgia.

« Quel bonheur y aurait-il pour eux, quand à tout moment il pourrait être appelé à accoupler l’épouvantable prophétie écrite dans sa main ?

« A tout prix il fallait reculer le mariage…

« Bien qu’il aimât ardemment cette jeune fille, bien que le seul contact de ses doigts quand ils étaient assis l’un près de l’autre, fît tressaillir tous les nerfs de son corps