Page:Wilde - Le Crime de Lord Arthur Savile, trad. Savine, 1905.djvu/19

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leuses émeraudes, parlant d’une voix suraiguë un mauvais français et riant sans nulle retenue de tout ce qu’on lui disait.

Certes, il y avait là un singulier mélange de société : de superbes Pairesses bavardaient courtoisement avec de violents radicaux. Des prédicateurs populaires se frottaient les coudes avec de célèbres sceptiques. Toute une volée d’évêques suivait, comme à la piste, une forte prima-donna, de salon en salon. Sur l’escalier se groupaient quelques membres de l’Académie royale, déguisés en artistes, et l’on a dit que la salle à manger était un moment absolument bourrée de génies.

Bref, c’était une des meilleures soirées de lady Windermere et la princesse y resta jusqu’à près de onze heures et demie passées.

Sitôt après son départ, lady Windermere retourna dans la galerie de tableaux où un fameux économiste exposait, d’un air solennel, la théorie scientifique de la musique à un virtuose hongrois écumant de rage.

Elle se mit à causer avec la duchesse de Paisley.