Page:Wilde - Le Crime de Lord Arthur Savile, trad. Savine, 1905.djvu/28

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cheveux roux d’Écossaise et aux omoplates très hauts, se leva gauchement de dessus le canapé et exhiba une longue main osseuse avec des doigts aplatis en spatule.

— Ah ! une pianiste, je vois ! dit M. Podgers, une excellente pianiste et peut-être une musicienne hors ligne. Très réservée, très honnête et douée d’un vif amour pour les bêtes.

— Voilà qui est tout à fait exact ! s’écria la duchesse se tournant vers lady Windermere. Absolument exact. Flora élève deux douzaines de collies à Macloskie et elle remplirait notre maison de ville d’une véritable ménagerie si son père le lui permettait.

— Bon ! mais c’est justement là ce que je fais chez moi chaque jeudi soir, riposta en riant lady Windermere. Seulement je préfère les lions aux collies.

— C’est là votre seule erreur, lady Windermere, dit M. Podgers avec un salut pompeux.

— Si une femme ne peut rendre charmantes ses erreurs, ce n’est qu’une femelle, répondit-