Page:Wilde - Le Crime de Lord Arthur Savile, trad. Savine, 1905.djvu/34

La bibliothèque libre.
Aller à : navigation, rechercher
Cette page n’a pas encore été corrigée


Il valait mieux connaître le pire, quel qu’il fût, que de demeurer dans cette affreuse incertitude.

— J’attends, M. Podgers, dit-il.

— Nous attendons tous, cria lady Windermere de son ton vif, impatient.

Mais le chiromancien ne répondit pas.

— Je crois qu’Arthur va monter sur les planches, dit lady Jedburgh, et qu’après votre sortie M. Podgers a peur de le lui dire.

Soudain M. Podgers laissa tomber la main droite de lord Arthur et empoigna fortement la gauche, se courbant si bas pour l’examiner que la monture d’or de ses lunettes sembla presque effleurer la paume.

Un moment, son visage devint un masque blanc d’horreur, mais il recouvra bientôt son sang-froid[1] et, regardant lady Windermere, lui dit avec un sourire forcé :

— C’est la main d’un charmant jeune Homme.

— Certes oui, répondit lady Windermere,

  1. En français dans le texte.