Page:Wilde - Le Crime de Lord Arthur Savile, trad. Savine, 1905.djvu/52

La bibliothèque libre.
Aller à : navigation, rechercher
Cette page n’a pas encore été corrigée


Jamais la vie ne lui avait semblé si belle. Jamais le mal et son domaine ne lui avaient semblé si loin de loi.

Alors son valet de chambre lui apporta une tasse de chocolat sur un plateau.

Quand il l’eut bue, il écarta une lourde portière[1] de peluche couleur pêche, et passa dans la salle de bains.

La lumière glissait doucement d’en haut à travers de minces plaques d’onyx transparent et l’eau, dans la cuvette de marbre, avait le faible éclat de la pierre de lune.

Lord Arthur s’y plongea à la hâte jusqu’à ce que les froids bouillons touchèrent sa gorge et ses cheveux. Alors il enfonça brusquement sa tête sous l’eau, comme s’il voulait se purifier de la souillure de quelque honteux souvenir.

Quand il sortit de l’eau, il se sentit presque apaisé. Le bien-être physique, qu’il avait ressenti, l’avait dominé, comme il arrive souvent pour les natures supérieurement façon-

  1. En français dans le texte.